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 Résistance et Déportation : des Vosges à Dachau, article publié le Wed, 27 May 2009 23:58:49 +0200

Serge Vanony, arrêté à 17 ans
Serge Vanony a été arrêté par la Gestapo sur dénonciation le 3 juillet 44, il avait juste17 ans. Le jeune Vosgien de Gérardmer était dans la Résistance où il participait aux opérations de parachutages. Itinéraire de la prison militaire d’Epinal à Dachau via le seul camp de concentration français, Struthof-Natzwiller, tout près de chez lui. En cette période de commémoration du Débarquement du 6 juin 1944 en Normandie, il y a 65 ans, ce témoignage recueilli il y a quelques années.
Résistant précoce, Serge Vanony. Déjà le 11 novembre 43, avec trois autres copains scouts, ils avaient installé une pancarte ornée d’une croix de Lorraine avec l’inscription “Vous serez vengés” sur le monument aux morts de Gérardmer.
Arrêté le 3 juillet 1944 avec 22 autres camarades de tous âges, il sera d’abord incarcéré dans une prison militaire allemande, à Epinal. Il y perdra 25 kilos en deux mois avec un régime constitué de 400 grammes de pain et d’une mixture le matin, d’une soupe et d’un potage clairs midi et soir. « Les soldats allemands étaient déjà peu nourris et nous passions après les taulards allemands », dit-il. Au regard de son âge la Gestapo n’a pas jugé utile de le torturer et les mauvais traitements étaient limités au sein de la prison. Mais, il s’attendait, comme les autres, à être fusillé du jour au lendemain. Finalement, l’Allemagne ayant besoin de main d’œuvre, ils seront déportés.
Début septembre, il prend la direction du camp de Struthof-Natzwiller près du Mont Sainte-Odile dans les Vosges, via la centrale de Nancy. Son voisin en soutane Mgr Piguet, évêque de Clermont-Ferrand, sera battu par un kapo dès son arrivée. « Ils avaient droit de vie et de mort », dit-il. Un premier choc en voyant aussi les “musulmans”, c’est-à-dire ceux qui n'avaient plus que la peau sur les os et allaient visiblement mourir.
« A poil »
A l’arrivée, c’est « à poil, rasé, même si on est glabre, et douché. Je ne m’étais jamais lavé depuis deux mois. On passe aussi dans un bac de désinfectant, du Grésil, cela fait mal aux parties. Le lendemain, dans le froid, j’ai la dysenterie, je me vide, je suis assoiffé, je change mon pain contre la soupe, un jus de choux, à un prisonnier russe. C'est un Français qui me sauvera en me disant qu’il faut que je mange mon pain et me donne du charbon de bois en disant “bouffe-le”, un remède souverain.
Une semaine ou deux plus tard, c’est le départ pour Dachau. Après une marche, toujours cinq par cinq, d’une dizaine de km, trois jours et trois nuits en train. Une boite de viande d’un kg, mais sans rien pour l’ouvrir et qu’il se fait voler par des Polonais, les durs du camp. J’étais sans espoir, ni crainte. Je me laissais conduire. C’est sans doute ce qui m’a sauvé », explique-t-il.
Il est affecté au commando Allach pour l’usine de pièces d’aviation, après la rituelle sélection. « Je n’avais plus de force », dit-il. Lever à 4 heures, appel à 5 heures, marche par-dessus la route, un calvaire, jusqu’à l’usine pour une prise du travail à 6 heures. A midi une gamelle « avec un ersatz de saucisson ». Fin du travail à 18 heures, appel à 19 heures, puis « un brouet ».
Un mois après il est appelé ailleurs car il parle allemand, ce qui le sauve probablement. Il faut développer des photos de pièces d’aviation sensibles. Un travail moins pénible, mais cela ne durera pas. Il retournera à Allach, puis sur les voies ferrées bombardées qu’il faut réparer. Dans cette deuxième période, ce sera le règne des poux et du typhus duquel on ne réchappe guère. Il ne faut pas tomber malade, sinon, c’est la fin.
Les vivants, empilent les morts que l’on ne brûle plus par manque de combustibles. Ils glissent, ils tombent, ils les replacent. Les cadavres ont la même tête et se ressemblent tous. Ils les entassent entre les baraquements et les recouvrent de chaux. Un travail effectué « sans penser », dit-il. Faute de force on ne ressent rien, même plus la faim. « Tout est fou. C’est la mort lente, un déporté devait durer neuf mois selon les prévisions des SS. »
Heureusement, le 29 avril, les Américains sont à Dachau, le 30 à Allach. Serge, 35 kg, est libre, il a encore 17 ans, mais ne se fait plus d’illusion sur la nature humaine.
P.J.


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