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 Résistance : des maquis de Savoie à Auschwitz, article publié le Wed, 27 May 2009 23:45:00 +0200

Jean-François Charles, numéro 199 993
Entre la commémoration du soixante-quatrième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et le soixante-cinquième du Débarquement en Normandie, ce témoignage recueilli il y a quelques années. Jean-François Charles a été arrêté le 20 mai 1944, il avait 21 ans. Le jeune Savoyard était agent de liaison de la Résistance. Dachau/Allach, Auschwitz puis Mathausen, l’itinéraire d’un survivant.
Jean-François Charles avait 19 ans à l’automne 42 quand, démobilisé après quatre mois de service dans la Marine à Toulon, il entre naturellement dans une Résistance issue d’un bataillon de chasseurs alpins. Son excellente connaissance du canton d’Abondance de sa Savoie natale en font un parfait agent de liaison dont les va-et-vient peuvent s’expliquer par des visites familiales. En fait, prudent, il évitait la famille pour éviter les questions. Une vie dangereuse ponctuée aussi de missions contre une Milice très présente. « On n’arrivait pas à comprendre pourquoi on nous dénonçait », dit-il.
Il sera pris le 20 mai 44, dans la ferme familiale, lors d’une grande opération de ratissage au cours de laquelle les trois quarts de son village sera rafflé. Le lieu de son interpellation plaidera pour sa non-implication, mais un milicien le reconnaîtra sur des photos saisies lors de précédentes arrestations. C’en était fait de lui. Jean-François les avait fournies au réseau pour la fabrication des faux papiers.
« On ne savait pas où on allait »
A Compiègne, il se retrouve avec 400 Savoyards dont des rescapés des Glières. Premières étapes d’un voyage vers l’inconnu. « On ne savait pas où on allait, raconte-t-il, K22, K23, certains prisonniers parlaient de forteresse, on ne connaissait pas l’existence des camps. » Le 15 juin 44, c’est le départ, direction Dachau où ils arriveront le 18. « La chaleur commençait. Nous étions 100 dans le wagon. Un officier allemand nous a expliqué que si nous travaillions correctement, nous serions bien traités… personne ne sera fusillé. » Un discours qui fait de l’effet, on le presse de remettre le couteau de chasse qu’il avait réussi à dissimuler jusqu’alors. Il cède, regrettant déjà de ne pas avoir pu faire partie, malgré son insistance, du groupe de 18/19 prisonniers qui se sont évadés deux semaines auparavant. Par un tunnel qui sera malheureusement découvert immédiatement.
« Les copains sont violets, de soif. » Trois jours sans boire et presque rien à manger. « Il y aura 900 morts dans le convoi parti le 2 juillet.  On passe à la désinfection, avec des produits qui brûlent, les parties surtout, puis la douche. On nous habille de rayé et on est tondu. On n’arrive pas à se reconnaître entre nous, sauf à la voix. Bloc 17 à Dachau. Au premier jour, nous voilà au commando de travail pour Allach. L'usine pour les moteurs d’avions Messerschmidt. »
« Premiers coups »
Il est affecté à un tour où l’on façonne des pièces. Des camarades lui donnent des lames de scie à métaux pour qu’il fabrique des couteaux. « Pour couper le pain en plus de petits morceaux afin de le faire durer le plus longtemps possible. » Il est pris : « Sabotage ! » Après un grand coup de pied, ce seront 25 coups de bâton et nerfs de bœuf plombé une fois rentré au camp, allongé, pieds et mains attachés. Le commandant du camp contemple le spectacle depuis une espèce de chaire dans la pièce de torture. Plus tard, ce seront trois fois 25 coups qui lui seront infligés pour refus d’aller travailler.
Espoir, début août 44, ils apprennent par de nouveaux prisonniers que la ville de Thonon en Savoie est libérée. Puis sur un wagon écrit à la craie « Metz est libérée ». Mais fin octobre, c’est le transfert vers Auschwitz et sa grande zone industrielle d’où les Allemands font venir des déportés polonais en sens contraire. Un voyage à 50/60 par wagons avec les soldats assis, portes ouvertes.
A l’arrivée, « les docteurs triaient ». Il régnait « une espèce d’incrédulité ». Direction Birkenau-Auschwitz 2, trois km à pied en rang. « On nous a tatoués, recensés ». Il est désigné pour un commando de manutention à l’extérieur. « On sentait l’odeur de la chair brûlée dans les quatre fours, encore plus qu’à Dachau où il y en avait un. »
Il est appelé pour une punition qui date de Dachau. Un juif polonais lui donne un petit papier à donner à un dénommé Jacob, « un Hercule de 120 kg », geôlier redouté pour sa violence. Sans qu’il comprenne pourquoi Jean-François effectuera son temps de cellule, avec une lampe forte, sans être battu ni torturé, Jacob lui donnera même une couverture.
La marche de la mort
Janvier 45. Les Russes approchent. Ils entendent le canon. « Le 17, les femmes sont évacuées. Le 18, les hommes. On s’en va à Mathausen, à pied. Il fait - 20/21° et il y a cinquante cm de neige. Cela dure quatre/cinq jours. C’est la marche de la mort, en rang cinq par cinq pour une colone d’un km. Matraquages. Ceux qui n’avancent plus sont abattus d’un coup de pistolet derrière l’oreille et poussé d’un coup de botte dans le talus. 50 % des gars n’arriveront pas. Il y aura la corvée de ramasser les morts. On les traîne par les pieds dans la neige et on les empile. »
Et, retour au travail. Dans des tunnels usines. Le 20 mars, il y a des bombardements allemands dont sont victimes des femmes de Ravensbruck conduites dans un camp de toiles à Mathausen, affirme-t-il.
Le 5 mai. Les SS ne sont plus là. Ils sont partis dans la nuit. Une avant-garde américaine de 2/3 chars survient, mais se replie pour laisser la place aux Russes qui prennent le secteur. A 39 kg 500, Jean-François Charles prendra le retour de la France et de la liberté via la Suisse. Bien encadré par des médecins, et réalimenté progressivement, il ne connaîtra pas le sort funeste de bien des déportés qui ont trop mangé aussitôt libérés et livrés à eux-mêmes.
P.J.

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