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 Endurance équestre : Yvon Ollivier, une passion partagée, article publié le Fri, 04 Feb 2011 17:27:42 +0200


Les Chevaux d'Armor : « Grâce à mes fils »
Yvon Ollivier est l’un des plus expérimentés parmi les acteurs à haut niveau en endurance. Cavalier, éleveur et courtier, c’est un véritable homme de cheval. Aujourd’hui, c’est plus au compétiteur que l’on demande de livrer ses “secrets”. S’il y en a un, dit-il, ce sont ses trois fils qui partagent sa passion. Une façon de nous rappeler qu’en endurance l’on ne fait rien tout seul.
Les Chevaux d’Armor, vous connaissez ? Cet affixe fleure bon les podiums de grandes courses d’endurance depuis de nombreuses années déjà. Les produits de l’élevage d’Yvon Ollivier sont mondialement connus et les chevaux qu’il a valorisés sont bien souvent partis s’illustrer sous la selle de princes du désert. Plusieurs années, il a aussi été entraîneur au Bahrein où son deuxième fils, Jean-Marie a aussi prodigué ses conseils. 25 ans après ses débuts avec Milidonie, petite jument pie d’anthologie, Yvon, qui n’a jamais rien caché de ses méthodes, donne volontiers ses conseils à ceux qui veulent progresser.
« L’on ne peut jamais dire : je vais arriver à tel niveau ou en équipe de France. L’on a des ambitions, c’est sûr, quand l’on pratique un sport quel qu’il soit. L’on a envie d’arriver au plus haut niveau. L’on ne va pas dire que l’on va rester à 60 km. Ou alors l’on va commencer à 70 ans. C’est très rare. C’est un sport très ouvert. Tout le monde peut y arriver en étant sérieux. En pratiquant. En y mettant beaucoup de temps. En y consacrant ses loisirs. Pour presque tout le monde c’est parti de là. Après cela s’est professionnalisé. »
C’est un long processus. « Cela a demandé dans les huit ans. J’ai dû commencer en 1984. Sur 60 km. A l’époque l’on débutait sur cette distance si l’on voulait. Après, cela a été très progressif. Assez long, même. Je n’avais pas les chevaux pour cela. Je faisais avec ceux que l’on pouvait récupérer à droite ou à gauche. L’on m’avait prêté un cheval pour quelques mois par exemple avant qu’il ne retourne en centre équestre. Il n’était plus question qu’il fasse de la compétition, pourtant il aurait été un très bon cheval. Il faut savoir choisir ses chevaux. Surtout aujourd’hui. Cela a toujours été le cas, mais… aujourd’hui l’on peut trouver beaucoup de très bons chevaux à acheter à des prix raisonnables. Un cheval de sept ans, cela devient un peu plus difficile parce que celui le vend sait ce qu’il vaut. S’il le vend pas cher c’est qu’il ne vaut pas cher. Aujourd’hui les origines se dessinent très bien. Il y a aussi quand même le modèle du cheval. Il y a quinze ans, il y avait encore des trotteurs. Aujourd’hui, c’est fini le trotteur. Il y avait quelques pur-sang anglais. C’est fini aussi. Je suis très ouvert. Je fais des croisement et demi-sang arabes, mais il faut que cela fonctionne. Il faut aussi être très prudent au niveau des Arabes. Toutes les origines ne sont pas bonnes. Ils sont très différents les uns des autres selon les origines. Certaines sont faites pour cela et d’autres pas du tout. Il faut regarder les résultats des courses. Ne serait-ce qu’en France, il y a des exemples à suivre. Il est aussi assez facile de se faire conseiller par un professionnel pour acheter un cheval. »
Pour la taille, sa prédilection va aux sujets tournant au tour de 1,52/53 cm au garrot. Il y a certes des exceptions mais les chevaux plus grands sont plus fragiles, estime-t-il. Une bonne ligne de dos est également un atout. De bons aplombs sont préférables. Il ne faut pas pour autant condamner les défauts. Ces chevaux peuvent être bons malgré tout, cela écourtant simplement la durée de la carrière.
Progrès de l’équitation pure
Yvon Ollivier attache de l’importance à la monte. « Il y a des centres équestres qui s’intéressent beaucoup à la discipline aujourd’hui. Ce sera un plus pour les cavaliers qui pourront progresser au niveau de l’équitation pure. Ces gens-là vont être amenés à proposer des chevaux aux débutants ou semi-débutants. Comme à des personnes qui ont bricolé avec le cheval qu’ils ont à la maison, comme cela se passe souvent et qui s’aperçoivent qu’ils ne peuvent aller au-delà. Aussi, les particuliers qui n’ont pas le temps de les entraîner pourront confier leurs propres chevaux de 90 km et plus pour les trouver prêts le jour de la course. Comme en CSO. C’est une nette évolution qui se dessine. »
Dans le même esprit, Yvon Ollivier ne saurait trop conseiller de faire des stages. Il en a animé beaucoup. « Je n’ai rien de secret. Les secrets ne sont pas des secrets. Je n’ai jamais caché ce que je faisais comme entraînement. Si la personne a un bon cheval de 90 km, elle est presque sauvée, dirais-je. » Un cheval qui est capable de faire un podium sur une vitesse libre. Ou de s’y frotter en se préservant pour la suite. « Ma ligne de conduite, c’est qu’il faut deux ans pour amener un cheval en deux étoiles. L’idéal cela a toujours été de le prendre à cinq ans, voire six ans, quoique… Le cheval qui a gagné le championnat du monde et ensuite le championnat d’Europe, Nobby, a été pris à huit ans. Cependant sa carrière sera moins longue. Donc, à sept ans ils sont en deux étoiles. Après c’est très progressif à l’entraînement. A huit ans, ils sont en trois étoiles… si les vents sont favorables. Dans le bon cap pour employer des termes marins. »
« Toujours du travail très lent »
Pour Yvon, il y a une base pour commencer avec les cinq/six ans. « Toujours du travail très lent. Des sorties à 10 km/h. Les premiers six mois, une heure de travail par jour. Ceci à raison d’au minimum cinq fois par semaine. Pour muscler le cheval. Lui donner la bonne attitude. Le déplacement idéal en endurance. Surtout qu’il ne se mette pas sur les épaules. Qu’il ne soit pas trop relevé non plus. Le cheval qui se met naturellement sur les épaules est très difficile à exploiter. Quand je dis une heure, c’est le temps de le prendre, de le seller, etc. » Cela reste possible pour un amateur. Sinon il faut le confier.
« A partir de là, il est possible de faire 20 ou 40 km en fin d’année de cinq ans. C’est bon. Cela dépend de ce que l’on a envie de faire comme course. Après les six mois, l’on passe à deux heures de travail tous les deux jours. J’alterne. D’après ce que nous avons constaté, cela ne sert plus à rien de les travailler tous les jours. La musculation est faite. Après, c’est du fond qu’il faut, qu’il puisse en acquérir pour arriver à sept ans. Tous les six mois, il y a une tranche... » 40 km, 60 km, 90 km, au bout d’un an et demi et au bout de deux ans ils sont en deux étoiles. « Après cela, il y a la période hivernale où ils ont trois mois de repos à peu près. Ils sont en paddock en permanence. Pas dans un box. Ils bougent, mais ils sont peinards. Cela permet de recoller des petites lésions. Comme pour tout sportif. A trotter et galoper sur les chemins ils peuvent se faire des micro-fractures. Cela se répare tout seul normalement. »
Pour l’entraînement il recommande de « choisir le meilleur terrain possible dans la campagne. A une époque certains disaient qu’ils fallaient les mettre sur des mauvais terrains, caillouteux, etc. C’est de la c... Il faut l’éviter. L’on en trouve toujours assez de ces mauvais terrains. Il ne faut surtout pas les choisir. Un mauvais, sol, j’entends. C’est mieux que le cheval sache grimper. En principe, ils le savent. C’est descendre qu’ils font moins bien. Il faut les travailler là-dessus ».
Continuant sur un rythme, tous les deux jours. Il monte en puissance en fonction de la distance préparée et des sensations. Faire de petits galops pour le détendre. Si le cheval n’est pas à l’aise, il faut s’arrêter. Les grandes séances de galop sont réservées au grandes courses. De préférence à la plage, trois semaines avant. Une séance de trois heures les pieds dans l’eau ce qui les masse et les refroidit tout en leur faisant faire plus d’effort. Après, ce n’est plus que de l’entretien jusqu’au jour de la course.
« Aller voir les courses »
Pour progresser, Yvon Ollivier estime très important « d’aller voir les courses ». Lui-même l’a fait quand il débutait en endurance. Il ne faut pas hésiter à demander conseil à ceux qui font des résultats. « Ceux qui n’arrivent pas avec des chevaux rincés », dit-il. « Il faut avoir un peu de culot », et certes choisir le moment propice. « Quand le cavalier mange son casse-croûte et que son assistance s’occupe du cheval… ». Il y a toujours à apprendre en observant comment font les autres. Même lorsque l’on est déjà expérimenté. « Il faut être ouvert », dit-il. Et lui-même regarde encore ce qui se passe autour. « Il y a toujours des petits trucs » qui réussissent et que l’on ne connaît pas. « Il faut être persévérant. »
Autre conseil à ceux qui veulent progresser : faire des assistances ! C’est une mine d’observation. « Il y a toujours des chose à faire » et les bras ne sont pas de trop. Même si l’on ne connaît pas beaucoup de monde. C’est possible. « Il faut être poli », plaisante-t-il. Une bonne assistance, c’est aussi indispensable pour gagner une course. Chaque minute compte, dès le début, comme cela se vérifie aux moyennes après les vet-gates.
« Je suis étonné de voir certaines personnes, des jeunes en particulier mais des gens plus âgés aussi, faire leur première deux étoiles en partant bille en tête ! Cela ne me serait jamais venu à l’idée. Pour titiller d’emblée ce que l’on appelle les cracks, il faut être un peu inconscient. Cela peut marcher. Il n’y a pas de vérité absolue, mais… » Certains disent qu’ils vont devant parce que leur cheval le demande. Pour Yvon Ollivier ce n’est pas un argument. « Il faut être cavalier. Celui qui dit qu’il ne peut pas tenir son cheval, c’est qu’il n’a pas monté beaucoup de chevaux. Quand l’on a monté quelques uns, l’on sait qu’il y en a de difficiles. L’on peut le dire. D’autres qui sont difficiles à faire avancer, mais ce ne sont pas du tout les mêmes effets ! Ils voudraient tous être devant. Avec des poneys au départ et des pur-sang à l’arrivée. Généralement, c’est le contraire qui se produit. L’on se trompe tous. Moi aussi, j’ai fait des erreurs. Je n’ai pas peur de le dire. Si l’on n’en avait pas fait, l’on n’aurait pas fait de choses bien, après. »
En course, il est plus judicieux de décrypter la tactique de course de couples qui ont fait leur preuves. S’ils restent derrière sur les première boucles ce n’est pas pour rien. Il est donc bon de comprendre pourquoi. Ce sont des choses simples que les gens connaissent souvent. « Mais ils se laissent griser et oublient. Une grande partie de la réussite, c’est la gestion de la course. Il faut se battre avec son cheval contre la piste, pas contre les autres chevaux ! »
Ne pas changer l’alimentation avant la course
Pas de secrets particuliers non plus concernant l’alimentation. « Je travaille avec Royal Horse, je n’ai pas peur de le dire. Six semaines avant la course, le cheval doit être à son alimentation et à son poids de course. Il ne faut surtout pas qu’il prenne de l’état avant. Il faut qu’il soit habitué. Qu’il perde un tout petit peu, ce n’est pas grave. Attention, vraiment un tout petit peu ! Que ce soit imperceptible. Il ne faut pas ramener un sac d’os. Il faut que l’organisme du cheval soit habitué à libérer des éléments. Le jour de la course, il va en libérer et puiser dans ses réserves. Tout ce qu’il mange le jour de la course ne lui sert à rien. Ce n’est que du lest. N’importe quel marchand de poudre de Perlin Pimpin va dire “moi j’ai ça pour le jour de la course”… L’on peut le f. à la poubelle. L’on peut aider un cheval à finir une course avec du sucre… un petit coup de fouet mais c’est tout. Le jour de la course, rien en plus de que ce qu’il a d’habitude. Et surtout pas dans les jours qui précédent. Le cheval est tellement sensible au niveau métabolique, digestif, etc. Le cheval est délicat. Déjà le fait d’être transporté deux ou trois jours avant, de venir sur une course, ça les travaille un peu. Certains non, mais… Il y en qui mettent trois jours avant remanger comme d’habitude. Dans ce cas là, il faut prévoir trois jours de plus pour venir. »
Les chevaux sont toute l’année au paddock. « Ceux qui sont à l’entraînement en paddock individuel. Cela permet de leur donner la ration qu’il faut. Ce sont de petit paddocks. Entre 1 000 et 2 000 m2 selon la pousse de l’herbe. Il faut éviter qu’ils en mangent trop. C’est un peu le dessert. Le cheval est un herbivore et l’on ne peut non plus le priver de ce qu’il aime. Sinon il y a du foin à volonté. Un bon foin, il n’y a rien de tel ! » Du foin de prairie naturelle et maison.
Le bon poids ? Il ne faut pas voir les côtes, mais les deviner. A l’œil, avec leurs différents gabarits, les chevaux doivent être dans le même état. Péter la santé. Etre joyeux !
Secret intime
« Si je n’avais pas eu mes fils, je ne serais jamais arrivé là où je suis arrivé. C’est toujours un travail d’équipe pour emmener les chevaux en endurance. C’est très difficile de bricoler tout seul dans son coin. Je ne dis pas que l’on ne peut pas y arriver mais… J’ai eu la chance que mes trois fils s’intéressent vraiment à la discipline. »
En se prêtant les chevaux à l’entraînement, ils peuvent échanger leurs points de vue. C’est aussi beaucoup de travail d’abattu. Des heures et des heures de chevauchées. « C’est un tout. Cela devient un mode de vie. L’on ne vit plus que pour cela, pratiquement. Si tout le monde n’est pas branché, c’est très difficile. » C’est intimement lié au quotidien.
« Ils m’ont laissé monter les meilleurs chevaux pendant longtemps. Maintenant, je leur laisse un peu plus. » Cependant dans le passé, « Jean-Marie a été en équipe de France, ce n’était pas moi. Le côté sport est très intéressant. Il faut en vivre, mais c’est la passion du sport. Si l’on dit que l’on va faire cela pour gagner de l’argent, l’on est presque sûr de se planter. C’est avant tout une passion folle. Si c’est une contrainte, ce n’est pas la peine. »
Pierre Jambou
Les Chevaux d’Armor, à Saint-Gilles Pligeaux dans les Côtes d’Armor (Bretagne, France)
http://www.chevaux-armor.com
Découvrez sur ce site les photos d’Yvon Ollivier et de ses fils sur les courses d’endurance mais aussi des photos de son élevage dans une nouvelle rubrique photo consacrée à ce thème


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