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 Endurance : pré-ride des Jeux équestres mondiaux, Lexington, article publié le Mon, 11 Jan 2010 07:56:00 +0200


Rebondir avec sang-froid sur l’hippodrome géant !
Que d’herbe ! Bondissant et doucement vallonné avec d’incessants changements de directions et croisements, le circuit d’endurance de Lexington au Kentucky qui accueille les Jeux équestre mondiaux de 2010.
Que d’eau ! Ce noir matin du 14 octobre 2009, c’est sous une pluie battante que les cavaliers du pré-ride et leurs chevaux quittent les boxes pour se diriger vers la ligne de départ quelques 500 mètres plus loin. Le temps de se préparer et de monter, ils sont déjà trempés. Il fait 7° (Celsius, en Fahrenheit c’est plus chaud mais quand même bien frais). Il y a du vent. La journée s’annonce longue.
Ce n’est plus une surprise, mais c’est toutefois un peu difficile à encaisser. La veille, du côté de l’organisation l’optimisme n’était pas à la météo. Quelle belle journée pourtant que ce mardi 13 ! Une belle lumière propre à mettre en valeur cette région du Bluegrass au climat subtropical humide et aux collines qui ondulent à tous les points cardinaux. C’est au printemps que les épis de l’herbe donnent des reflets bleus au paysage. Mais à l’automne c’est bien vert. Comme un gazon bien arrosé. Il ne faut pas croire cependant qu’il pleut tout le temps. Grosso modo, en moyenne pas plus de six/sept jours de précipitations égales ou supérieurs à 1 mm en septembre et octobre. Les plus de 20 mm tombés le 14 octobre ne sont pas la règle. D’autant que c’est à l’automne qu’il y a le moins de pluies. Les températures sont normalement douces aussi, comme lors de cette veille de course à l’atmosphère paisible.
L’impression est celle d’un paradis pour chevaux. Il y a différentes visions du paradis. Celle-là est sagement ordonnancée dans le but de leur apporter tout le bien-être possible. Où que porte le regard dans ce vaste Kentucky Horse Park, c’est de beauté qu’il s’agit. Dans l’immense jardin, l’architecture élégante s’insère parfaitement. Des travaux sont encore en cours dans la perspective des JEM de 2010. La superbe tribune de la grande carrière est flambant neuve. Formant un ensemble subtilement équilibré. Un peu plus loin la construction de nouveaux et jolis boxes en dur est bien avancée. Pour l’heure, les chevaux d’endurance sont dans des installations mobiles correctes. Un peu partout des ouvriers s’activent encore et un panneau avec un cheval coiffé d’un casque de chantier remercie le visiteur de sa compréhension.
Les Jeux sont prévus du 25 septembre au 10 octobre 2010. L’endurance étant programmée le 26, soit un peu plus tôt dans le calendrier que ce pré-ride. Difficile de prévoir le temps mais l’on peut raisonnablement estimer que ce sera mieux et cette répétition grandeur nature a préparé au pire de toutes façons.
Une reconnaissance fondamentale
L’accueil est très sympathique. Il règne un joyeux sentiment d’être en famille dans la “Capitale mondiale du cheval”. Le trotting a lieu le matin dans la grande carrière. C’est très classe. Cavaliers, grooms et entraîneurs se succèdent par nations. Quelques chapeaux rappellent que cela se passe aux Etats-Unis d’Amérique. Et cela se passe bien.
Sarah Chakil est arrivée la veille au soir. Finalement, c’est elle qui va monter lors de cette expédition montée par son père Mostafa. Yvon Ollivier, qui était pressenti pour reconnaître le parcours, a été retenu par ses activités. La jeune cavalière, qui a eu une belle saison 2009, est accompagnée par Thierry Laborde chargé de l’aspect logistique et de l’organisation de l’assistance. Le cavalier international Vincent Dupont est aussi du voyage pour donner son expertise. Il aura un regard extérieur. Pour des raisons inexpliquées, son inscription n’a pu se faire. Il est donc très déçu de ne pouvoir monter, alors qu’il est susceptible d’être sélectionné l’an prochain avec Nita Lotoise. Une jument préservée dans ce but par Mostafa Chakil qui a décidé de faire cette reconnaissance.
De son côté la FFE a missionné l’entraîneur national Jean-Louis Leclerc qui a emmené deux cavalières. Il s’agit de Virginie Atger et de Caroline Denayer-Gad dont les performances en Equipe de France et ailleurs sont reconnues. Comme Sarah et la plupart des équipes étrangères, elles aussi monteront des chevaux de location. Le but n’est pas de remporter l’épreuve mais d’étudier le terrain. Globalement, seuls les Emiratis, dont la Fédération équestre sponsorise ce rendez-vous, les Américains et les Canadiens ont leurs propres chevaux pour disputer les courses. Il y en a deux : 120 et 160 km. Sarah est engagée sur la plus longue. Virginie et Caroline sur l’autre.
Après la jolie présentation des chevaux de la matinée dans le bel Outdoor Stadium, il est temps l’après-midi de tâter du circuit et de se familiariser davantage avec son cheval. Première déconvenue, il n’est pas possible d’aller partout sur la piste. Seul un circuit à l’intérieur du Kentucky Horse Park est autorisé. Sorti de cet écrin, il est interdit de cavaler. Il s’agit de propriétés privées, des élevages de chevaux pour la plupart, qui ne sont strictement ouvertes que le jour de la course. D’où l’importance encore accrue de participer à ce pré-ride.
Du spectacle
Les futurs heureux sélectionnés ne doivent pas s’attendre à s’élancer dans un Ouest sauvage à l’horizon se dissolvant dans un chaud lointain au point que l’on ne fasse plus la distinction entre la terre et le ciel. Que l’on soit Comanche disparu, bison dont les os se dressent dans la prairie, cow-boy trop lonesome ou tunique bleue au destin scalpé. Non, mis à part les pommiers en fleur et les pimpantes fermières aux joues rouges qui traient des vaches dont la robe tachetée ne plairait guère aux princes du désert pour leurs chevaux, l’on se croirait preque dans certains coins de Normandie. Là où foisonnent les haras de chevaux de trotteurs et galopeurs. Avec des clôtures et lisses en bois, peintes en noir ou en blanc, filant dans tous les sens autour de prés bien gras même s’ils ne sont pas blue.
L’on pourrait presque y prendre son déjeuner sur l’herbe pour regarder passer les chevaux. Sans camembert qui pue et autre trou normand. Ce sera pour 2014 ! Mais avec un poulet du Kentucky qui ne prendrait pas ses jambes à son cou avant d’être frit tout épicé et une bonne rasade d’un bourbon élevé en fût à deux pas de là. Mais les Français réunis ont pris un solide déjeuner chez un certain Denny’s qui n’a pas peur de remplir les assiettes. Même si elles sont grandes comme une basilique où l’on mettrait en tombeau la ligne des jeunes écuyères.
Dès le matin Sarah Chakil a fait la connaissance du très sympa Iamsamm, hongre arabe gris de sept ans. Il est venu du Montana à 2 000 km au nord-ouest de là avec son propriétaire Doug Swingley qui est aussi engagé sur 160 km dans son équipe. Les Etats-Unis présentant différentes régions, regroupant plusieurs Etats, dans ces épreuves. Tout comme le Canada. Une façon de préparer leurs sélections. L’après-midi venu, il est enfin l’heure de chevaucher et d’explorer les alentours. Doug, plein d’humour, monte à la cow-boy pour le départ. Iamsamm est de bonne composition. Le terrain est bon, de l’herbe bien épaisse presque partout indique Sarah. Mais ce tour d’horizon est limité. Il faut maintenant attendre le lendemain pour en savoir plus. Même si l’on croit comprendre que le sol est relativement homogène sur l’ensemble du circuit. La difficulté n’est pas là. Certains vont même courir déferrés ou chaussés de caoutchouc.
L’impression est celle d’un hipprodrome géant, voire d’un circuit de Formule 1 dont on ne voit toutefois qu’une partie, dans le parc. Là parcontre, c’est agréable pour les spectateurs qui peuvent jouir des allées et venues des cavaliers. Lorsque l’on circule en voiture, l’on voit également de près et de loin ce joli ballet. Les chevaux se croisent et se recroisent ou s’aperçoivent par intermittence au fil de l’enchevêtrement des boucles. Cela peut fleurer bon le paddock. A tout le moins influer sur la concentration ou la cadence.
De la vitesse
A l’aube du jour de la course, les conditions météorologiques sont donc difficiles. Mais cela n’entame pas le moral des troupes. Ce sont les concurrents engagés sur 120 km qui partent les premiers. Comme il est probable qu’ils tournent plus vite sur les quatres boucles. Parmi eux, l’équipe émiratie emmenée par HE Sheikh Majid bin Mohammed Al Maktoum qui chevauche Kangoo d’Aurabelle, l’ancien champion du monde par équipe et médaille d’argent pour la France avec Virginie Atger à Aix-la-Chapelle. L’on se doute qu’ils ne sont pas venus faire de la figuration. Tout comme Mubarak Khalifa bin Shafya montant Lellig Armor. Yaghya Sughayer Kanoon Al Altjabi sur Medjerda. Deux anciens chevaux français classés deuxièmes sur le CEI** d’Huelgoat respectivement en 2007 avec Jean-Michel Grimal et en 2009 avec Jack Bégaud. Et Ahmed Salem Ali Sultan Al Saboussi associé à Bess Ess-Ob, troisième du CEI*** de Fischerhude avec Michel Lequarre. C’est dans cet ordre qu’ils se classent à l’issue de la première boucle de 27,5 km avalée à plus de 18 km/h de moyenne.
Sur la deuxième boucle, la plus longue avec 39,8 km, c’est à plus de 20 km/h qu’ils vont encore chanter sous la pluie. Cette boucle traverse un bois sur de courtes portions, ce qui change un peu de terrain. Mais l’on constate que cela n’affecte pas le train. Mais c’est aussi celle où il y a vraisemblablement le moins de changements de directions. La troisième, qui est aussi la cinquième de la 160 km, est courue beaucoup moins vite par la tête, de 17 à 18 km/h environ. Cette boucle de 21,4 km est pourtant bien plus courte mais davantage biscornue avec bon nombre d’angles droits comme sur la première. Sur toutes les boucles, il faut aussi franchir plusieurs petits gués. Ces difficultés et le climat ne sont pas sans rappeler les conditions rencontrées en Bretagne où cela monte et descend incessamment aussi.
La quatrième, et dernière boucle de la 120 km, est plus longue à nouveau. Mais les 31,3 km sont engloutis à plus de 21 km/h de moyenne par Sheikh Majid et Kangoo d’Aurabelle, toujours trempés mais victorieux sous la saucée américaine. Ahmed Al Saboussi et Bess Ess-Ob sont deuxièmes, juste derrière. Yaghya Al Altjabi et Medjerda, trosièmes à un quart d’heure. Mubarak bin Shafya et Lellig Armor, cinquièmes à 35 mn pour napper le tout.
Le quatrième à 20 mn du vainqueur, avec la jument Shagya Gazal XVIII-3, est Jordi Arboix qui illustre la présence épicée de l’Espagne. Sa compatriote la Championne du Monde Maria Mercedes Alvarez Ponton étant septième avec Sahara, jument Shagya aussi. Jaume Punti Dachs était aussi de la partie avec Kopal de Cabirat mais il s’est retiré après la troisième boucle. Travaillant en intelligence avec les Emiratis, les Ibères ont fait la course un peu en retrait mais à un rythme très soutenu aussi.
Courir en tête permettait aussi de mieux avancer compte-tenu de la dégradation continue du terrain gorgé d’eau au fil du passage des chevaux. Ce point est important. Surtout de retour vers le Horse Park sur les parties communes, relativement limitées cependant sur la 120 km. D’ailleurs l’organisation à arrêté la 160 km à 120 km. La cinquième boucle étant la même que la troisième et le sixième et dernière, de 18,6 km, empruntant un itinéraire composite d’une partie de la première, de la quatrième et des deux réunies. Un sacré bourbier évité !
Une assistance minimum
Caroline Denayer-Gad sur Indigios JC Midnight, est neuvième, Virginie Atger dixième avec Trysam Tiki. Mais l’on aura guère pu voir les cavalières françaises sur la piste. L’assistance est en effet strictement limitée à trois points, dont un relativement proche du vet-gate et l’autre non loin dans le parc. Sur des routes faciles et bien identifiées. Ainsi, sur la boucle 1, comme sur les autres, il n’y a qu’un seul point. C’est le même pour les boucles 4 et 6. Le point 2, le plus éloigné, ne concerne que la boucle 2. Le point 3, le plus près, est le même que le point cinq puisqu’il s’agit du même parcours. Fait notable, le parking de l’assistance est relativement éloigné du vet-gate, ce qui n’est guère pratique. Pour pallier ce minimum d’assistance, des points d’eau sont disposés sur le parcours. Deux sur la première, un sur la deuxième (la plus longue), un sur la troisième et cinquième, deux sur la quatrième et un sur la sixième. Il reste les gués en cas de besoin. Quoi qu’il en soit, autant les Emiratis que les Espagnols ont copieusement arrosés leurs chevaux, tant aux points d’assistance qu’aux arrivées même s’il pleuvait et que le mercure prenait la forme de canards sauvages.
Caroline et Virginie avouent n’avoir jamais eu aussi froid en course. Si la température n’était pas extrêmement basse elle se conjuguait avec le vent et l’humidité, ce qui rendait le froid si pénétrant. Sarah Chakil était également gelée à l’issue de sa première boucle sur 160 km. Cependant la course s’est arrêtée là pour la jeune cavalière. Le brave Iamsamm a été sorti sur boiterie dans l’incompréhension générale des observateurs. Tout juste peut-être un balancement de tête mais rien dans les allures affirment plusieurs observateurs avertis qui étaient persuadés que le hongre repartirait. Confirmant ces avis, le vétérinaire traitant qui a examiné le cheval immédiatement après comme c’était la règle n’a rien décelé d’anormal et affirmé que le cheval ne boitait pas. Mais la décision du jury étant sans appel, le mal était fait. Ce qui inquiète les témoins, dans cette affaire, c’est le professionnalisme de ces juges qu’ils mettent en doute. D’autant qu’ils ont pu observer d’autres chevaux être validés avec moins de rectitude.
Ce couple sorti, c’est une somme d’expériences en moins à récolter sur la piste. Cependant, l’on peut retenir que le circuit est certes bon et bondissant mais plus difficile qu’il n’y paraît. Très technique en fait car loin d’être plat et avec des changements continuels de courbes.
Globalement le site est très agréable et fonctionnel. L’aire de trotting est très distinguée, barrée au fond par la tente à deux étages du sponsor, la Fédération émiratie d’équitation, presque le seul endroit sec, avec la clinique, lors de cette sympathique journée passée à patauger avec le sourire dans la gadoue. Que ce soit, au grooming, au vet, dans les allées et dans une moindre mesure sous les tentes des concurrents.
Des conditions vite oubliées par les concurrents qualifiés. Comme la gagnante de la 160 écourtée en 120 km, Danielle Mc Gunigal (USA) qui a tourné de 17 à plus de 19 km/h de moyenne selon les boucles avec Gold Raven. Une jument de huit ans appartenant à sa mère. Valerie Kanavy, championne du monde en 1994 à La Haye avec Pieraz sur 160 km, vice-championne du monde en 1996 au Kansas avec TK Fire N Gold sur 160 km, championne du monde en 1998 à Dubaï avec High Winds Jedi, notamment parmi un brillant palmarès. La star américaine courait ce jour sur LM Parys, de conserve avec sa fille, mais est sortie pour boiterie à l’issue de la deuxième boucle. Danielle Kanavy est elle-même championne du monde sur 160 km. Un titre obtenu en 1996 au Kansas avec le déjà champion sur la distance avec sa mère deux ans avant, le fameux Pieraz, hongre arabe né en 1982.
Les deux suivantes sont Américaines également. Ellyn Rapp sur Berjo Smokey, à 20 mn, et Janice Ann Worthington sur Golden Lightning, 10 mn encore après. L’on voit que comme les Françaises, les Américaines aiment truster les podiums !
Pierre Jambou
Photo : l'équipe émiratie et HE Sheikh Majid bin Mohammed Al Maktoum, vainqueur sur le CEI** 120 km avec Kangoo d'Aurabelle, Jaime Punti Dachs
Lire aussi le N° de décembre 2009 du magazine "Raid équestre"
http://www.raidequestre.fr

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